Il y a quelques jours je vous ai parlé de la marque K&F Concept (@kfconcept) qui m’a demandé si je voulais tester une batterie. Je leur ai proposé de faire un test comme si je partais dans une région sans électricité en faisant des photos et en sauvant mes photos sur un petit disque dur en utilisant mon smartphone et un petit SSD. J’expliquais dans le premier article ce que j’allais faire et maintenant je vais vous expliquer ce que j’ai réellement fait. Et on va parler un peu d’économie d’énergie et nomadisme
Recharge de ma batterie d’appareil photo
La batterie de K&F Concept est annoncée à 99 Wh, car c’est le maximum que vous avez le droit de prendre avec vous dans un avion. La batterie de mon appareil photo est une LP-E6NH qui est à 19,6 Wh. Donc, combien de fois ai-je pu la recharger ? La théorie voudrait que cela soit 99/19,6, soit 5,05 fois. Dans la réalité, j’ai pu la charger 4 fois à 100 % et la dernière fois, c’était à 66 %. Donc 4,66 fois. La différence peut venir de plein de choses, mais on va dire que c’est cohérent comme résultat. J’ai essayé de surveiller le temps nécessaire à la recharge et j’ai constaté entre 2h30 et 3h. Je n’ai pas de mesure exacte, car je ne suis pas resté 3h à regarder le petit voyant. En théorie, ça pourrait être beaucoup plus rapide avec le port PD 3.0 de la batterie K&F Concept qui est à 100W, mais c’est l’appareil photo qui limite la puissance pour charger lentement, pour préserver la durée de vie de la batterie en charge.
Donc, en gros, c’est comme si j’avais six batteries avec moi : la batterie chargée et cinq recharges. Une LP-E6NH, c’est en gros 80 € et ça pèse 100 g. Donc, mes cinq recharges, si je prenais cinq LP-E6NH à la place, me coûterait 400 € pour un poids de 500 g. Là, la batterie de K&F Concept coûte 100 € pour un poids de 630 g. Donc très clairement, c’est rentable. Alors, vous allez me dire qu’il existe des batteries LP-E6NH compatibles et beaucoup moins chères. Oui, j’en ai trouvé à 20 €, mais attention. Il semble que beaucoup de ces batteries compatibles ne puissent pas être chargées via le port USB de l’appareil photo. Ce n’est pas une légende urbaine, car c’est précisé sur le site de Canon. Certains utilisateurs parlent aussi de fonctions bridées comme le H+ ou en vidéo aussi. Donc, il faut faire attention. Vérifiez sur votre appareil photo ce qu’il en est. Personnellement, j’ai quatre batteries, et que des Canons. Deux datent de mon 50D, la troisième est arrivée avec mon 7D Mark II et la dernière avec mon R7. Et les quatre fonctionnent bien.
Recharge du téléphone
Je vous avouerai que je ne suis pas allé au bout du test. Mon problème n’était pas de charger mon téléphone, mais de le décharger. Maintenant, si on regarde la publicité de K&F Concept, ils annoncent charger 5 fois un iPhone 16 Pro. La batterie d’un iPhone 16 Pro est de 3582 mAh pour une tension nominale de 3,892 V, ce qui fait, je pose 2, Racine carrée, Dérivée de tangente… 13,95 Wh. Donc, en théorie, avec une batterie de 99 Wh, on devrait le charger sept fois. Mais bon, on a vu qu’il y a une marge d’erreur avec la batterie de l’appareil photo et donc on va avoir aussi une marge d’erreur ici. La copie de la carte SD sur un petit disque SSD n’est pas très consommatrice : moins qu’un écran, ou qu’un GPS, ou qu’une connexion Wi-Fi.
Alors combien de photos
Il existe une norme qui vient d’une association regroupant des professionnels de la photographie impliqués dans la production d’appareils photo numériques et argentiques (Camera & Imaging Products Association) . Cette association publie pour chaque appareil une évaluation appelée l’autonomie CIPA qui correspond au nombre d’images qu’un appareil photo numérique peut prendre avec une seule charge de batterie. Pour mon R7 par exemple, c’est 660. Un R8 c’est 220. Mais cette norme considère une utilisation assez consommatrice de la batterie. Dans la vraie vie, vous pouvez faire mieux. Moi, aujourd’hui, je fais des shootings à 1000 photos sans changer de batterie et même des fois, je la laisse pour le prochain et elle me lâche au milieu. Donc, je pense que je dois pouvoir faire entre 1000 et 1500 photos. Si je pars avec mon appareil et une batterie chargés et que je recharge 5 fois grâce à la batterie de K&F Concept, j’aurai donc six charges et je vais pouvoir faire, en étant pessimiste, 6000 photos. En vacances, au maximum, j’en fais 300 par jour si je fais des panoramas ou m’amuse à faire des oiseaux en vol avec des rafales. Donc, je suis tranquille pour 20 jours. Mais j’ai configuré mon appareil pour qu’il ne soit pas gourmand.
La sobriété énergétique
Que cela soit avec un appareil photo ou un smartphone, les éléments qui consomment le plus sont par ordre d’apparition
L’ecran.
L’écran est le composant le plus gourmand en énergie, entre 30 et 50 % de votre batterie, car il est actif tant que l’utilisateur interagit avec l’appareil. La règle d’or est de réduire le temps où il est allumé et sa puissance lumineuse. Il faut donc qu’il soit le plus souvent éteint et que sa luminosité soit la plus basse possible lorsqu’il est allumé. Donc, vous pouvez baisser la luminosité au maximum, mettre une temporisation très courte pour qu’il s’éteigne le plus rapidement possible si vous ne l’utilisez pas. Sur un smartphone, un thème sombre vous fera aussi économiser. Sur votre appareil photo, vous pouvez aussi l’éteindre purement et simplement. Ça me rappelle une anecdote. J’arrive à Séoul pour le taf. J’ai une journée avant mes réunions et je décide d’aller me promener. J’allume mon appareil. Il me reste une demi-batterie. Je décide donc d’en prendre une chargée. Mais le problème, c’est que je l’ai oublié en France. Je me dis donc que je vais charger celle que j’ai et je me rends compte que je n’ai pas le chargeur non plus. J’éteins donc mon écran et je fais confiance à mon appareil photo. Je verrai les photos plus tard. J’ai pu me promener, faire mes photos sans problème et il me restait de la batterie à la fin.
Le Réseau WI-FI ou Téléphonique
Les interfaces radio (4G/5G, Wi-Fi) consomment beaucoup, de 10 à 25 % de votre batterie, non seulement lors du transfert de données, mais surtout lorsqu’elles sont utilisées dans de mauvaises conditions de réception. Donc, si vous n’avez pas de réseau disponible, désactivez le réseau téléphonique ou le Wi-Fi. Car votre smartphone ou votre appareil photo va passer son temps à en chercher et il va vous vider rapidement la batterie. Quand vous transférez vos photos sur votre smartphone, votre ordinateur, préférez un lecteur de carte filaire à une connexion Wi-Fi.
le GPS
Il devient énergivore lorsqu’il est utilisé en continu et qu’il sollicite l’écran et le réseau. Le GPS lui-même utilise relativement peu d’énergie pour capter le signal des satellites, de 5 à 10 % de votre batterie, mais l’utilisation d’une application de navigation comme Google Maps ou Waze fait exploser la consommation globale, car elle nécessite simultanément : l’écran allumé et lumineux, le réseau cellulaire actif pour charger les cartes et les données de trafic, le processeur actif pour le calcul d’itinéraire.
Moins on s’en sert, moins ça consomme
Il est tentant d’ignorer les détails techniques de la consommation énergétique. Après tout, la règle la plus simple et la plus universelle est la suivante : moins vous utilisez votre appareil, plus sa batterie durera. Mais ce n’est pas si simple que cela et ce n’est pas viable. Le but d’un smartphone ou d’un appareil photo n’est pas d’être éteint, mais d’être disponible lorsque vous en avez besoin. La véritable maîtrise de l’autonomie réside donc dans la capacité à préparer ses appareils pour qu’ils ne dépensent de l’énergie que pour ce qui est essentiel, et pas un milliwatt de plus.
Et pour ne pas être pris au dépourvu, on réalise une « Opération Sobriété Préventive ». Donc, on recherche sur son smartphone et son appareil photo où sont toutes ces options qui vont vous permettre d’économiser votre énergie : comment désactiver le Wi-Fi, le GPS, les tâches de fond sur le smartphone comme la météo, les réseaux sociaux qui cherchent à se mettre à jour. Il faut charger les cartes à l’avance sur son smartphone. On réduit le plus possible la durée de visualisation d’une photo sur l’appareil photo. On ne zoome pas à chaque photo pour voir si c’est net. Faites confiance à votre matériel. On prend l’habitude de viser avec son viseur et pas avec l’écran. Ça serait quand même idiot, alors que vous venez de passer 10 jours au milieu de l’Himalaya, qu’un Yéti apparaisse enfin et que vous n’ayez plus de batterie pour immortaliser ça. Et si grâce à moi, vous avez réussi à l’immortaliser, je ne prends que 5 % des recettes que générera cette photo.

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Bonjour, juste deux commentaires :
1) Sur les batteries « moins chères » : j’ai dû en acheter du fait de rupture d’approvisionnement un peu longue chez les marques d’appareil. J’ai pris une marque bien répendue chez les marchands de matériel photo en ligne. Au début, ça marche bien, mais au bout d’un moment elle ne tiennent plus la charge, alors que les batteries des marques d’origine (en l’occurence Sony et Panasonic) la tiennent toujours très bien. Donc je confirme, pour moi, ce n’est pas une bonne affaire.
2) Sur le nombre de photos que l’on peut faire avec une charge : attention, il ne faut pas oublier que les batteries finissent toujours par se décharger même sur un appareil éteint.
Donc, si on utilise très peu son appareil photo, disons une photo par-ci par là sur plusieurs semaines, voire mois, on fera beaucoup moins de photos que si on l’utilise intensément.
Mais je suis sûr que les lecteur de ce blog sont tous atteints de DCA et ne sont pas confronté à cet inconvénient…:)
Bonne remarque sur l’appareil éteint. Certains utilisateur de Canon R6 se sont fait avoir. J’ai jamais testé avec mon R7. Je ne passe pas assez de temps a ne pas l’utiliser 😉