Récemment, on me demandait s’il était intéressant d’acheter un multiplicateur 1.4x pour mettre sur un zoom 70-200mm F/2.8, histoire d’avoir un zoom 100-280mm F/4 tout en profitant du bon piqué de l’objectif. Et quelles sont les alternatives ? Il y a différentes solutions, du très cher au moins cher, voire gratuites. Mais comme d’habitude, c’est une histoire de compromis. Chaque solution a des pour et des contre. On va essayer de regarder tout cela en considérant le piqué et la luminosité de chaque solution.
Nouvel objectif
C’est une solution. Et dans cette solution, il y a différentes possibilités. On achète un objectif moins bon, mais qui zoome plus, comme un 70-300mm f/4-5.6 qui est un objectif plus grand public et qui sera moins lumineux et qui aura moins de piqué. En neuf, ça coûtera moins de 1000 €. Ou on achète un objectif qui est moins lumineux, mais qui garde un bon piqué et qui zoome plus. Là, on va se promener entre 2000 et 3000 € en neuf suivant les marques. Ou on achète un objectif aussi lumineux et qui zoome plus comme un 400mm F/2.8. Mais là, on est à plus de 10000 €. Donc la solution nouvel objectif va creuser votre déficit.
Le multiplicateur de focale
C’est un équipement qui se met entre votre objectif et votre appareil. Ça existe en X1.4 ou en X2. Ça va vous coûter entre 300 et 500 € suivant les marques. Attention, tous les objectifs ne sont pas compatibles avec ces multiplicateurs. Il faut bien vérifier avant. Et ces multiplicateurs vont vous faire perdre du piqué, car ils ont des lentilles à l’intérieur, et vous faire perdre aussi de la luminosité. Un 70-200mm F/2.8 devient un 100-280mm F/4 avec un multiplicateur 1.4x et un 140-400 F/5.6 avec un multiplicateur 2x.
Le nouveau boîtier
Ça, ça marche si vous avez un boîtier Full Frame et que vous passez à un APS-C. Comme le capteur est plus petit, c’est comme si vous aviez un multiplicateur de focale à 1.5 ou 1.6 suivant les marques, mais qui garde l’ouverture F/2.8. Par contre, avec les inconvénients de l’APS-C. Ça montera moins bien en ISO qu’un Full Frame. Les boîtiers APS-C experts ne sont pas donnés. C’est moins cher qu’un boîtier expert Full Frame, mais c’est quand même dans les 1500 €. Maintenant à voir en occasion si l’utilisation est ponctuelle
Le zoom numérique
Imaginons que vous ayez un appareil avec un capteur à 24 Mpx. Ça vous fait des photos de 6000 x 4000 pixels. Vous en faites quoi de ces 24 Mpx à part « Wahou » quand vous zoomez à 100 % ? Vous postez sur Instagram ? 1080 pixels de bord large. Sur Facebook ? 2048 de bord large. Vous partagez avec votre famille avec les collections synchronisées sur Lightroom ? 2560 px de bord large. Vous imprimez ? Un 50*70 cm regardé à 1 m de distance n’a besoin que de 3000 pixels. Vous voyez là où je veux en venir. En recadrant votre image à 3000 x 2000, votre 70/200 F/2.8 devient une sorte de 140-400mm F/2.8 pour un coût nul.
Alors, l’image est-elle de bonne qualité ? C’est une bonne question à laquelle je répondrai par une question. Bonne qualité par rapport à quoi ? Pour définir de la qualité, il faut définir la finalité de la photo. Le piqué d’un recadrage d’une photo prise avec un très bon objectif est-il meilleur que le piqué d’une image plus grande prise avec un objectif qui a moins de piqué ? Là encore, ça va dépendre de ce que l’on entend par moins de piqué. Prenez par exemple cette photo de la belle Lara. L’originale fait plus de 6000 x 4000 pixels. C’est pris avec un Canon R7 et un EF-S 17-55mm F/2.8 Puis j’ai recadré à 3000 x 2000, puis exporté à 2048 px. Ça pique assez ? (cliquez pour voir en grand)
Et la profondeur de champ dans tout ça ?
On va regarder la profondeur de champ de chaque solution en partant du principe que l’on cadre un sujet qui est à 10 m pour une focale équivalente de 300 mm sur un appareil Full Frame.
- Un nouvel objectif 300mm F/5.6 : la profondeur de champ est de 37 cm.
- Un nouvel objectif 300mm F/2.8 : la profondeur de champ est de 18 cm.
- Le multiplicateur de focale 1.4 avec le 70/200 F/2.8 : la profondeur de champ est de 30 cm.
- Un boîtier APS-C avec un rapport 1.5 avec le 70/200 F/2.8 la profondeur de champ est de 28 cm.
- Un Zoom Numérique avec un recadrage de 1.5 : la profondeur de champ est de 63 cm.
Je vous avais prévenu. C’est une histoire de compromis. Allez, pour me permettre de me payer un 400 F/2.8, n’oubliez pas la cagnotte !

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Pour comparer la pdc entre ces différentes solutions, ne faudrait-il pas que l’ouverture du diaphragme reste toujours la même ?
Bonjour. Mais elle ne va pas rester la même en fonction de la solution choisie. Si tu choisi un 300mm qui n’ouvre pas a F/2.8 tu ne peux pas le mettre a F/2.8 😉
Merci pour cet article qui fait le tour des différentes solutions.
Évidement, comme souvent, c’est une affaire de compromis à choisir.
Je regrette un peu qu’il n’y ait pas plus d’illustrations des pertes, ou plutôt des différences’, de rendu avec les différentes solutions exposées, une sorte de comparatif quoi. Car les différences peuvent se situer à différents niveaux, outre le piqué pur: Vignettage, aberations chromatiques, , rendu des couleurs, impact sur les performances de l’AF, etc … de quoi faire de nombreux articles à venir ?
Bonjour. Si tu m’envoi un 300mm F/2.8 je te fais la comparaison 😉