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Vous voulez savoir comment j’ai photographié le championnat de France de Canitrail 2023 ?

Perso, je ne suis pas un grand fan du concept de posséder un animal. Je ne suis pas un grand fan des chiens non plus. Mais bon, c’est un autre sujet qui est très loin de la photo. On verra cela dans le prochain blog OuiOuiPhoto psycho à deux balles. Je me suis retrouvé à vouloir photographier une personne lors de cette course de canitrail et je me suis dit que ça serait cool de photographier tout le monde et de faire ça correctement afin de se faire une expérience photographique de plus et de vous faire un article

La préparation

Le départ se passait au Revard en Savoie et il avait neigé avant. Photographier tout le monde au départ me paraissait difficile. En plus les chiens sont excités donc ça va partir dans tous les sens. En plus je ne suis pas équipé au niveau de mon véhicule pour la neige. Photographier à l’arrivée, je me suis dit qu’il y aurait des photographes officiels et donc je ne voulais pas les embêter. Je suis donc parti à la recherche d’un spot atteignable sur le parcours du canitrail. Le parcours commençait par une descente et après 7 km il y avait un ravitaillement. Il y a un petit parking qui permet à pied de rejoindre la zone du ravitaillement. Je me dis que ça va être blindé

Le matériel pour ce canitrail

J’ai mon R7 et je me suis dit que l’objectif adapté serait mon 70/200 F/2,8. Si je trouve un bon spot je pourrai facilement avec lui isoler les coureurs en prenant mon temps. Je charge mes quatre batteries. Mets tout dans mon sac. Je mets quand même mon 17/55. Je décide de prérégler l’appareil en mode priorité vitesse à 1/1000 en me disant que je verrais sur place si je change. Ils sont en train de courir et je veux malgré tout les figer. Je règle l’AF pour suivre le sujet avec détection de l’œil en humain. Je ne veux pas photographier les chiens, mais les gens. J’apprendrai plus tard que normalement, on fait la mise au point sur le chien, car les coureurs préfèrent voir leur chien net.

Je me mets en obturateur mécanique, comme sur les sujets en mouvement, il peut y avoir des déformations avec l’obturateur électronique (rolling shutter). Je me mets en rafale rapide. Il est censé avoir 300 participants en fait 202 sont arrivés et je pense qu’à mon niveau 220 sont passés. Je me mets en Craw pour pouvoir faire plus de rafale et pouvoir faire plus de photos. Mon R7 m’annonce une capacité de 4600 photos avec mes cartes. Je devrais être tranquille. Et le point le plus important, un parapluie, car le temps est incertain et aussi encore plus important. Mon bonnet poulpe. Il faut donner envie au coureur du canitrail de sourire alors qu’ils sont en plein effort

C’est le jour J. Direction le canitrail

Je pars tranquillement vers mon point de parking, persuadé que je devrais me garer en Vrac à cause du monde. Mon GPS me dit qu’il me reste 4km et je me dis que c’est bon. Je serai à l’heure dans tous les cas. Mon GPS me dit qu’il reste 3km puis 2km puis 1km puis j’arrive sur mon Parking. Deux voitures garées. Je vérifie que je suis au bon endroit. C’est bon. Je m’attendais à plus de monde pour ce canitrail. Je lace mes chaussures de rando. Mets mon sac à dos, prends mon parapluie et un bâton de marche et c’est parti. Arrive derrière moi un 4X4. C’est l’équipe du ravitaillement. Ils me proposent gentiment de m’emmener, mais comme je suis en avance et que je dois faire du sport, marcher un peu ne me fera pas de mal.

J’arrive au point de ravitaillement ou je tape la discute avec l’équipe sur place. Je leur demande s’il y a un photographe officiel. Ils me disent que non et me donnent le nom de groupes FB ou je pourrais partager mes photos. Je leur dis que j’irai me placer 30 minutes après le départ et là, ils me préviennent que certains vont beaucoup plus vite que cela et que certains seront au ravitaillement 20 minutes après le départ. Donc, je décide de partir en reco sur le parcours au moment du départ histoire d’avoir 20 minutes pour me placer. Je trouve un endroit sympa ou je peux les voir arriver puis où il y a une ligne droite devant moi dans une ambiance automnale

Ca va commencer

Je fais une photo de test et à 1/1000 je suis à F/2.8 et 6400 Isos pour une exposition correcte. Les conditions de lumières sont mauvaises. Il fait moche, le ciel est très couvert, il pleut. Je décide donc de me mettre à 1/500s. Mais il y a un autre problème. Je ne pourrais pas avoir le maitre et le chien net. Pendant un canitrail, un chien se retrouve entre 2 et 4m devant son maitre. Avec mon R7 a F/2,8 et a une distance de 10m avec une focale de 100mm c’est 1m de profondeur de champ. Et dans les mêmes conditions, mais à 200m on tombe à 26cm. Il faudrait monter à F/5,6 voir plus, mais sur le R7 ça va trop monter dans les Isos. Il supporte mieux le bruit, mais ce n’est pas un Full Frame. Je reste donc comme cela

C’est parti. Le canitrail commence

Le premier arrive en effet 20 minutes après le départ. La détection de son œil se passe bien. Je le prends peut-être un peu trop tôt. J’adapte avec les suivants. Certains ont des casquettes et l’œil est vraiment très sombre. Mais ça le fait à peu près. Mon chapeau poulpe fait son effet. J’ai des sourires, des mimiques.

Très rapidement, je n’ai plus le temps de contrôler le résultat. Trop de monde. Je shoote à droite, à gauche, au milieu, reviens sur un autre. Je fais confiance à mon matos et aux réglages. La pluie redouble. Mon matériel est tropicalisé, mais là, on est plus dans la pub pour gel douche sous une cascade. J’ouvre mon parapluie et me débrouille pour tenir le parapluie et l’appareil photo. La personne que je voulais photographier arrive. Whouhou! Elle est large pour la barrière horaire. Je ne m’arrête pas et reste sous une pluie battante pour les derniers du canitrail.

Je reviens vers le ravitaillement. Là, il y a un blessé et comme je remonte vers le départ pour y retrouver du monde, je le rapatrie avec son chien. C’est mon côté chien de berger protecteur

Retour à la maison.

771 photos pour 206 personnes photographiées. Je sais que j’en ai loupé une dizaine. Pas eu le temps de les cadrer correctement, car ils étaient dans un peloton ou derrière une autre personne. J’ai été très sage sur les rafales. J’ai utilisé tout le range de l’objectif de 70mm à 200mm avec une majorité à 200 et 70. Lorsque deux coureurs se suivaient, je prenais le premier à 200 et j’attendais qu’il ne soit plus devant moi pour shooter le deuxième qui se trouvait plus prêt donc à 70. En ouverture, j’ai de F/2,8 et du F/3.2 et en Isos de 800 à 5000 avec une grosse majorité entre 2000 et 5000 . Au niveau netteté, c’est acceptable. Ce n’est pas top top, mais acceptable. A 1/1000 et F/5.6 ça aurait été beaucoup mieux, mais ce n’était pas possible avec cette météo pour ce canitrail.

Je pourrais passer tout dans Topaz AI pour améliorer la netteté, mais comme la plupart vont partager cela sur FB ou Insta ce n’est pas la peine. Un peu de tri pour en garder une par personne. Je passe les 206 photos dans le dé bruitage IA de Lightroom Classic. C’est là qu’avoir une nouvelle carte graphique prend tout son sens. 40 minutes alors qu’avant j’aurais dû attendre trois heures ou plus. Ensuite comme les conditions de lumière n’ont pas changé pendant le shooting, je développe la première histoire de réchauffer un peu les couleurs d’automne et donner un peu plus de peps et applique le développement à toutes les autres. Il me reste à recadrer les 206 photos restantes du canitrail et à synchroniser avec le cloud et à partager l’album qui est ici

J’ai importé mes photos à 14h30 et j’ai partagé aux membres de la course l’album traité à 18h30. Et je n’ai pas fait que cela dans l’après-midi. Donc un bon rendement

Ce que j’en ai retiré

Il faut gérer la météo mieux que cela. J’aurais pu me prendre une petite tente pliable ou un trépied pour y gaffer un parapluie. Tenir un parapluie en même temps que prendre les photos ne permet pas une bonne stabilité. Comme le R7 permet de monter plus en Isos et que j’ai le débruitage IA dans LrC j’aurais peut-être dû volontairement me bloquer à 6400 Isos et à 1/1000s et laisser l’appareil juste jouer sur l’ouverture. Mais pour une première, je suis assez content du résultat. C’était marrant à faire et une bonne expérience.

Perso comme je suis plus humain que chien, je ne vois pas trop l’intérêt de faire la MAP sur le chien pour avoir l’humain flou, surtout si l’humain me fait un sourire. Le chien il me tire la langue. Mais si vous aimez les chiens plus nets, je vous conseille d’aller sur le site de ceux dont c’est le boulot et qui ont couvert l’événement comme Morgane Treuillet

La prochaine fois que je fais un canitrail j’essaye d’en trouver un avec des chiwawas. Ca ira moins vite. Ou je me mets une rangée de 10 flashs AD600B avec octobox sous tente pour éclairer correctement 20m de longueur. C’est une bonne idée ca….

Le pot commun

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8 Comments

  1. T’aurai pu m’appeler, j’ai pas bien loin !
    Ca me rappelle les courses de chien de traineau et le même dilemme, chiens ou mushers nets ?

  2. Bonjour
    Je viens de lire l’expérience canitrail bien que peu probable que je m’y exerce. Par contre au sujet de prendre des photos sous la pluie avec un parapluie j’ai en partie résolu le problème ( marche +météo raisonnable) en m’équipant d’un parapluie handfree – euroshirm chez alpinist.fr . Une attache ceinture et un clip courroie sac à dos. Pas encore une énorme expérience mais un gros progrès 🙂
    A suivre
    Merci pour vos articles
    Bien cordialement
    Corinne

  3. Bonjour Oui oui,
    Faisant de la photo animalières pour ma part les réglages sont les suivantes
    Priorité à l’ouverture et je joue avec les ISO pour avoir la bonne vitesse. Je sais qu’il doit y avoir autant de réglage que de photographes, c’était juste pour apporter de l’eau au moulin
    Bonne continuation

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