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Faire des rafales, ça devient banal. Mais au flash ?

Les appareils modernes ont des niveaux de rafales qui deviennent stratosphériques. Mon R7 arrive à faire du 30 img/s en RAW en obturation électronique et 15 img/s en obturation mécanique. Ça ne me sert à rien en studio. Quoique. Et si ça pouvait me servir finalement. J’ai la belle Jody qui voulait une photo d’elle avec les pages de livres qui défilent devant elle. J’installe mon bol beauté, Jody prend le livre et elle fait défiler les pages. Je fais quelques photos, mais les pages ne sont jamais au bon endroit. Et donc je me dis, pourquoi ne pas faire ça en rafale ?

Durée de flash et rechargement

La durée d’un éclair est une donnée physique de votre flash. Elle dépend de plein de choses. Mais elle dépend surtout de la puissance que vous demandez à votre flash de fournir. Pour mon flash principal, le Godox AD600B, la durée de l’éclair à pleine puissance est de 1/220 s. Et à la puissance minimum de 1/10000 s. Sur certains flashs, cette information est affichée sous la forme T0.1. Donc, là, à 1/32 de puissance, mon flash m’annonce un T0.1 de 1/4545. Mais ça veut dire quoi T0.1 ?

C’est encore un délire d’ingénieur. Ceux qui savent aiment bien rendre les trucs complexes juste pour se faire mousser, et je sais de quoi je parle, j’en suis un. Quand un flash se déclenche, il libère presque instantanément son intensité lumineuse. Puis ensuite cette lumière baisse en un temps plus ou moins long. T0.1, c’est le temps qu’il faut pour que cette lumière soit redescendue en dessous de 10 % de l’intensité lumineuse maximum. Donc que le flash ait libéré 90 % de son intensité lumineuse. Ça permet de rendre l’indicateur plus flatteur. Sur la courbe, vous voyez que la durée de l’éclair est de 10 ms. Mais le T0.1, lui, est à 5 ms. Car après ces 5 ms, l’intensité lumineuse du flash aura un impact négligeable sur la photo car elle sera trop faible. Donc 1/4545, pour simplifier, on va dire que c’est comme si j’avais un temps de pose à 1/4000 s car dans le noir d’un studio, c’est l’éclair du flash qui fait le temps de pose.

Et pour rendre l’indicateur encore plus flatteur, certains flashs vont parler en T0.5. C’est le temps qu’il faut pour que cette lumière soit descendue en dessous de 50 % de l’intensité lumineuse. Et là, le reste de l’intensité lumineuse peut avoir un impact sur la photo. Là vous avez une visualisation de la différence entre un T0.5 et un T0.1, où A est l’intensité lumineuse.

Et le temps de chargement ? C’est le plus important dans notre affaire. Imaginez que vous vouliez faire avec un flash des rafales à 10 img/s. Il faut donc que votre flash soit capable de reflasher en 1/10 s. Il doit donc se recharger en 1/10 s. Le temps de rechargement, là encore, est très dépendant de la puissance que vous demandez à votre flash de fournir et de sa technologie. Le temps de chargement sur un AD600B est de 2,5 s si vous êtes à pleine puissance 1/1 et de 0,01 s si vous êtes au minimum de 1/256 de puissance. Mais ces informations sont données à titre indicatif. Les fabricants de flashs n’aiment pas communiquer ces informations précisément car elles peuvent varier dans le temps en fonction de l’usure du flash.

Alors là, c’est le moment de vous parler de comment marche un flash. En gros il y a un truc, un condensateur, qui emmagasine de l’énergie. Et il relâche cette énergie dans la lampe du flash quand on le lui demande. Il y a deux technologies. L’ancienne, si on réglait le flash sur 1/8 de puissance, le condensateur se chargeait pour lâcher 1/8 de puissance et se vidait complètement lors du flash. Et si vous changiez d’avis en mettant 1/16 avant d’avoir flashé, le flash souvent balançait un éclair pour vider le condensateur qui était trop chargé et il se rechargeait uniquement à 1/16. Donc il repartait de zéro à chaque fois et, pour des raisons physiques, amorcer la charge d’un condensateur vide demande un gros effort initial à la batterie (courant d’appel maximal) et c’est donc lent.

Puis il y a les nouveaux flashs IGBT (Insulated Gate Bipolar Transistor. En français, on le traduit par : transistor bipolaire à grille isolée. Encore un truc d’ingénieur). Donc en gros le condensateur se charge à 100 % tout le temps. Si on demande 1/16 de puissance, il lâche la puissance pour 1/16 mais garde le reste de puissance pour le prochain flash. Il est prêt immédiatement. Donc il est capable comme cela de faire des flashs et en parallèle de recharger son condensateur. Message pour le pro de la techno qui passe par là : oui c’est simplifié mais c’est pour vulgariser pour les débutants.

Et si on parlait un peu photo ?

Souvent, pour être exposé correctement dans mon studio, mon flash est à 1/8 de puissance. Là je l’ai descendu à 1/128 pour avoir un temps de rechargement faible et donc je perds 4 IL. À 1/128, mon flash éclaire 4 fois moins qu’à 1/8. Généralement je fais mes photos à F/5,6 en studio. Mais là, comme je veux réduire la profondeur de champ pour avoir le livre devant Jody bien flou, j’ai ouvert à F/2,8. Donc là je gagne 2 IL. Un IL de F/5,6 à F/4 et un autre de F/4 à F/2,8. Et finalement je suis passé à 400 ISO à la place de 100 pour gagner les 2 IL qui me manquent. Je n’ai pas tenté la rafale rapide à 15 img/s mais celle d’avant à 7 img/s. Sur mon Canon R7, j’ai 3 niveaux de rafale. La lente à 3 img/s, la normale à 7 img/s et la rapide à 15 img/s. Ça, c’est avec l’obturateur mécanique. Mais en studio avec des flashs, on n’a pas le choix. Il faut utiliser l’obturateur mécanique sur le R7. Techniquement ça fonctionne. J’arrive à faire des rafales à 7 im/s avec mon flash. Le problème, c’est plus pour Jody. Elle doit faire défiler les pages, mais garder un regard percutant, tout ça en se prenant en pleine poire 7 coups de flash par seconde. Heureusement elle n’est pas épileptique. Mais bon, après 4 rafales de 60 photos, elle était contente que ça s’arrête. Puis ensuite on a gardé celle où on trouvait la position des pages la plus intéressante.

Allez, la prochaine fois on tente le modèle qui me balance un seau d’eau, le tout à 15 img/s. Comment ça, mon matos va être mouillé ? Il paraît que mon R7 et mon petit Sigma 18-50 sont tropicalisés. Donc ça me permettra de vérifier.


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