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Développement ou Retouche ?

Développement ou Retouche ?  Proxi ou Macro ? Fromage ou Dessert ? Combien de fois sur le net on voit des débats sur ce qu’est le développement ou ce qu’est la retouche. La retouche étant le mal incarné pour certains ils essayent donc d’avoir une frontière bien définie entre le développement et la retouche. Pour d’autres, et cet article leur ait dédié, ils essayent simplement de comprendre

D’où viennent ces deux notions

C’est lié à des techniques différentes de l’époque de l’argentique. Pour simplifier

  • Le développement c’est toutes les techniques qui permettent de produite une image visible à partir du négatif sans toucher le négatif ou la photo produite. Ce n’est pas forcément que des choses qui se font sur la totalité de l’image. On peut sous l’agrandisseur masquer certaines zones. En éclairer plus certaines autres.
  • La retouche c’est lorsque l’on touche physiquement soit au film soit à la photo finale.  Découper un négatif pour en mettre le bout d’un autre c’est de la retouche. Gratter une zone, repeindre au pinceau une zone sur une photo tirée c’est de la retouche aussi. Bref on modifie physiquement le support.

Et aujourd’hui

ConnectedÀ part ceux qui continuent à faire de l’argentique vous avez remarqué que le support physique n’a plus vraiment de sens.  Votre photo est un fichier informatique, et très souvent vous ne tirez même plus vos photos sur papier. Elles se trouvent sur votre tablette, sur Flickr, 500px, etc, etc.Les logiciels eux-mêmes ne font plus trop la différence. Pour certains Lightroom c’est du développement et Photoshop c’est de la retouche. C’est inexact.

Un outil comme la suppression des défauts dans Lightroom est plus un outil plus de retouche.  Et si vous modifiez le contraste d’une image dans Photoshop, c’est plus du développement. Ah bon ? Si je prends un RAW. C’est l’équivalent d’un négatif. Il faut le développer. Donc si je modifie le contraste je fais le travail d’un Tireur qui changeait le contraste en changeant la température, l’agitation, ou la concentration de ses bains.  C’est bien du développement. Mais si je prends un JPEG. Un JPEG c’est une photo développée. Elle est visible. Vous pouvez l’imprimer directement. Donc si je change le contraste d’un JPEG c’est de la retouche puisque la photo existe déjà. Non ? Faut voir 😉

Ça a encore du sens ?

À part pour ceux qui font de l’argentique ça a surtout du sens pour ceux qui veulent absolument se persuader qu’ils ne retouchent pas leurs images.  Mais autrement…Dans le monde de l’image numérique, cela n’a plus vraiment de sens de mon point de vue.  On développait un négatif. Et même si le RAW peut ressembler à une version numérique d’un négatif ce n’est pas la même chose.  C’est un fichier informatique. D’ailleurs des sites comme Wikipedia restreignent le développement à la photo argentique

  • En photographie et en cinématographie, le mot développement désigne un traitement chimique de l’émulsion photographique.

Et pour la retouche c’est pareil. Le périmètre a changé il est plus vaste

  • En photographie, la retouche consiste à corriger des défauts d’aspect, éclaircir ou assombrir l’image, augmenter ou diminuer les contrastes, la saturation des couleurs, etc. La retouche d’image peut aussi faire référence à des modifications plus importantes. Si on transforme une photographie pour ajouter une personne ou en enlever une (par exemple), on parle alors de photomontage ou de trucage photographique.

Alors on fait quoi ?

CoupeOn ne veut pas parler de retouche, car c’est le mal Ouhh c’est pas bien. Celui qui retouche est un tricheur. Qu’on lui coupe la tête !! 😉 Mais bon si je dramatise un ciel c’est du développement et si j’affine le triple menton de tata Jacqueline c’est de la retouche. Alors que dans les deux cas ce que je vois n’est pas ce que j’avais dans le viseur.  C’est juste une interprétation ce qu’il y a dans l’image. Si par contre je change le ciel d’une photo par celui d’une autre ou que remplace tata Jacqueline par Taylor Swift c’est du trucage.

Si on parlait simplement et librement des modifications de nos photos plutôt que de faire croire que l’on montre c’est pile-poil ce que l’on avait dans le viseur le débat n’existerait même pas. Mais pour une raison que j’ignore, c’est comme pour le chasseur. Il y a le bon et le mauvais. Et en photo le mauvais il parait que c’est celui qui retouche.

Je pense que l’on ne devrait arrêter d’utiliser ces mots développement et retouche à l’époque du numérique et avoir simplement le courage ou l’honnêteté d’expliquer ce qui a été fait sur une photo plutôt que d’affirmer qu’elle n’a pas été retouchée. On devrait valoriser le travail fait après la prise de vue et simplement sortir des choses du style

  • J’ai principalement travaillé sur les niveaux pour lui donner un peu plus de peps
  • J’ai travaillé le ciel un peu différemment pour faire ressortir la structure dans les nuages
  • Il y avait une grue au fond. Je l’ai retiré
  • J’ai fait un gros travail sur la peau pour la nettoyer
  • Je lui ai rajouté une taille de bonnet et retiré deux tailles de pantalon
  • J’ai remplacé Mirou par Kate Upton. Ahh, Mirou tu étais là. Je ne t’avais pas vu. Pas taper !! Non arrête !!! Au secours !!!!

grin

31 Comments

  1. Salut oui oui 🙂 ! Presque ‘une annee sur lr grace a toi !!!

    Sinon, tu oublie le tirage dans ton « devellopement » lol !!!

    Develloper un negarif en renforcant ou diminuant les contrastes !
    Faire ensuite un tirage (sur papier mat baryté velin etc….) avec toutes les ameliorations necessaires (les balnc, lrs noirs, les contrastes locaux etc…..) !

    Pour moi ligthroom c’est le devellopement-tirage de mes photos….

    Pour ce qui est de ne rien retouché ! Lol ! Les plus grands ni ne devellopaient, ni ne tiraient leurs images….

  2. Qu’importe !
    Le but, n’est-il pas de faire une belle image, l’image que l’auteur veut transmettre ?
    Après, advienne ce que pourra !
    Le monde est plein de pinailleurs, de coupeurs de cheveux en quatre, de puristes incultes. Pendant ce temps, ils ne produisent pas.
    La critique est aisée et l’art est difficile.
    Alors, faites vous plaisir et au Diable toutes ces considérations d’un autre temps !

  3. Bonjour,
    Totalement en accord avec ce qui est dit. Je me disais que si on enlevait les photos non retouchées, traitées, améliorées, comme on voudra, des magazines il n’y aurait plus que du texte.

    Traiter c’est une manière de donner son interprétation, comme parfois pallier aux limitations techniques des appareils (corrections optiques des objectifs, par exemple).

    Bonne semaine à tous.

  4. bonjour et bonne année ,donc si j’ai bien compris :si je change la bdb en raw ,c’est du développement mais si je fais la même chose en jepg ,c’est de la retouche puisque le developpement des jpeg est fait dans l’appareil photo

  5. Ben oui… Et puis en plus, tout le monde ne cherche pas à montrer la même chose en photographie (et cela, de tout temps, que ce soit avec l’argentique ou le numérique) : certain cherche à montrer ce qu’ils ont vu en tentant d’être au plus proche de la réalité, et d’autres, avec l’image, cherchent à exprimer des sentiments ou des impressions, sans forcément chercher à coller à a réalité de l’œil… Et pour ça, ils utilise les possibilité que le développement du négatif leur offre, que ce soit en argentique ou en numérique ! 😛

  6. Une photo n’est pas, (et ne sera jamais !) la représentation exacte du réel, mais une interprétation de celui-ci. A partir de là, on peut tout se permettre sans honte, et seul le résultat final compte.

    Que les ayatollahs du « moi, je ne modifie pas mes photos » arrêtent d’essayer de culpabiliser ceux qui tentent de créer….

    Bonne année OUIOUI, et merci pour tout ce que tu produis !

  7. Bonjour et merci pour cet article plein de vérités auxquelles j’adhère totalement.
    L’éternel débat depuis l’avènement du numérique où les gourous du  » je ne développe et ne retouche pas mes photos ont su rôder leur discours.
    A 64 ans, j’ai cesser de gaspiller ma salive sur le sujet. Enfin un article qui posent les vrais questions et y répond avec justesse.
    Un jour peut-être qu’un capteur sera capable de visualiser un cliché comme l’œil humain, mais à ce jour on en est loin. En attendant il seras toujours nécessaire de donner à ses RAW ce que l’œil a vu et que le capteur n’est pas capable de restituer.
    Merci,pour cet article qui, enfin, explique réellement ce que la photo argentique et numérique ont en commun.
    Pierre M

  8. Mais quel bordel ! 🙂
    Même si j’ai plus trop l’occasion de poster, je suis régulièrement ton blog.
    Un plaisir de te lire OuiOui, Ha oui au fait, Bonne Année !

    « avoir simplement le courage ou l’honnêteté d’expliquer ce qui a été fait sur une photo »
    Je trouve que ça résume très bien la chose.

    Bien à toi, bonne continuation.

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