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Un shooting pour pas grand chose. J’ai merdé, mais où ?

Aujourd’hui, je vais vous partager la mésaventure qui m’est arrivée lors d’un précédent shooting. Et comme toujours, il faut savoir faire son autocritique, analyser ce qui s’est passé pour que cela ne se reproduise plus. Pour éradiquer durablement les défaillances et garantir la performance, l’approche industrielle impose le déploiement rigoureux de la méthode des 5 Pourquoi. Cet outil systématique de recherche de la cause racine (Root Cause Analysis) permet d’outrepasser les simples symptômes superficiels pour identifier l’origine exacte du dysfonctionnement. Heu, je suis pas au taf là, c’est un loisir, donc on va y aller plus à la cool, car c’est pas bien grave de toute façon. Mais c’est quoi le problème ? Simple, un modèle n’a pas assumé plus de la moitié des photos que nous avons pourtant choisies ensemble. J’explique toujours à mes modèles qu’il faut « digérer » une séance et là, manifestement, la digestion a été difficile.

Prise de contact

Je vois dans Insta une notification disant que Sigþrúður a commencé à me suivre. C’est un prénom d’emprunt évidemment. Comme d’habitude, je la contacte pour savoir si elle veut juste voir mes photos ou faire une collab. Elle ferait une collab avec plaisir. Elle lit les articles que j’envoie à mes modèles systématiquement avant la première séance. Et j’ai le droit à un « Je viens de tout lire, déjà bravo, cela est très professionnel. Ça me tenterait vraiment bien de faire un shooting avec toi, voir plusieurs si toi aussi cela t’inspire ! » On trouve une date et je lui demande, comme pour tous les autres modèles, de choisir dans mon portfolio des photos qu’elle aime. Et là, elle ne le fait pas. Elle me dit qu’elle me fait confiance, qu’elle ne veut pas faire du déshabillé, mais que si c’est un peu dénudé avec de la dentelle, par exemple elle n’est pas fermée, qu’elle est complexée avec son corps. Je lui explique que les filles complexées par leur corps font souvent du dénudé car ça leur permet de travailler sur leur complexe en leur montrant qu’elles n’ont pas à être complexées. Je lui fais donc une sélection de ce que les modèles « Curvy » ont pu faire chez moi. J’ai le droit à un « Franchement on peut essayer, je te fais confiance »

Je lui propose donc de venir avec différentes tenues. De l’habillé que l’on va « déshabiller » en ouvrant une veste, un chemisier, en retirant le bas mais en gardant le haut ou inversement en gardant le bas et un body mais plus de veste. On va faire des variations. Puis ensuite, si elle se sent bien, on passe à du plus « déshabillé » dentelle avec des bouts de tissu. Je lui explique aussi que je ne fais que des photos instagramables par exemple. Donc je ne fais pas du nu qu’il faut flouter car j’ai horreur de ça. Et à la fin de toute façon je lui explique que l’on fait le tri ensemble et que si elle n’assume pas, elles ne sont juste pas choisies. J’ai le droit à un « Ça me va très bien ! Super »

La séance et le tri

La séance se passe bien. On enchaîne les poses, les tenues, on dénude mais pas trop, enfin pour moi. On passe d’une tenue tailleur et veste topless en dessous à la même veste mais lingerie en dessous. Puis une robe en dentelle transparente, puis une jupe en dentelle en topless, puis des portraits plus serrés, puis un manteau avec lingerie, puis une tenue jean avec lingerie, puis une veste topless, puis un nu caché, puis des photos plus douces de dos. Je vais dire du standard pour moi. Pendant toute la séance, je fais attention à la proxémie. Pour le nu caché, j’insiste bien pour savoir si elle veut le tenter en lui expliquant que c’est elle qui choisit. Bref, de la bienveillance, du respect, c’est la base chez moi.

Le tri se passe bien. Sigþrúður est évidemment étonné du résultat, mais on choisit les photos sans problème. Je lui explique qu’elle va devoir digérer la séance car c’est la première fois qu’elle fait ce genre de chose. Elle va devoir choisir si elle est citée ou pas lors des publications. Elle va devoir décider si elle est citée avec son compte Insta actuel ou si elle va créer un compte de modèle pour éventuellement faire d’autres séances avec d’autres photographes. On a une longue discussion sur ces sujets où j’essaye comme d’habitude de conseiller au mieux. Je commence à avoir une petite expérience sur le sujet.

La digestion difficile

Je commence à envoyer les premières photos développées à Sigþrúður et là on a un problème. Elle veut garder certaines photos « pour elle » et ne pas les publier. Je lui explique que le mieux dans ce cas-là, c’est de ne pas la citer, mais ça lui pose problème quand même. Sur les 15 photos que nous avons choisies ensemble, seul 7 semble ne pas lui poser problème. Je lui explique que c’est embêtant car en gros je vais bosser pour rien à les développer. Elle propose de me payer ce que je refuse car je ne suis pas là pour piquer le travail des professionnels. Après une nuit de réflexion, je décide de lui envoyer les photos qu’elle n’assume pas en premier pour lui montrer qu’elle n’a vraiment aucun complexe à avoir. Je décide de ne pas en développer 2 (le nu caché et une en jean plus suggestive). En lui envoyant la dernière, je lui explique que je ne publierai rien sur les réseaux, car, me souvenir de celle qu’elle veut bien et de celle qu’elle ne veut pas, c’est trop compliqué. Elle publiera celle qu’elle veut en m’invitant à collaborer si elle veut, tant qu’elle ne les modifie pas. Et je lui explique aussi que je ferai un article sur mon blog pour parler de cette séance, qu’elle ne sera pas citée, que son visage n’apparaitra pas et lui assure qu’elle n’a pas de compexes à avoir. D’ailleurs voilà une partie des photos qu’elle n’assume pas avec son visage modifié, vraiment il n’y a aucun complexe à avoir.

Ça a merdé où ?

Personnellement j’ai l’impression d’avoir fait mon taf habituel. Essayer de redonner confiance à une personne qui est complexée par son corps. Mais il y a eu une entorse au processus habituel. C’est moi qui ai proposé des poses et ce n’est pas le modèle qui est allé les chercher. Je ne le referais plus. Pendant la séance, J’ai déroulé ma séance type dans ce genre de situation. Mais je sais aussi que je peux être persuasif. Je suis une grande grosse bâtisse avec une voix grave et je peux paraitre impressionnant et j’inspire la confiance. Pourtant, lors du nu caché, j’ai bien insisté sur le fait qu’il fallait avoir envie de le faire et que Sigþrúður avait totalement le choix. Elle n’aurait pas assumé au tri, on ne l’aurait pas gardée. Mais là, plus de la moitié de la séance pas assumée après le tri, je ne m’y attendais pas. Première fois que cela m’arrive. Des fois des filles ne veulent pas être citées et je ne les cite pas, mais là c’est à un autre niveau puisque même pas citée, elle ne souhaite pas que je publie. Alors je pourrais tout à fait ne pas en tenir compte, publier quand même, les règles sont claires et expliquées dans mes articles, mais bon le but de mes shootings est plus « humain » que « photographique » et je ne suis pas là pour mettre mal à l’aise un modèle. Et la réponse de Sigþrúður à mon dernier mail laisse à penser que j’ai réussi quand même l’aspect humain et c’est le plus important.

« Je voudrais vraiment te remercier d’avoir accepté de ne rien publier, et surtout d’avoir eu la gentillesse de modifier quand même les photos et de me les envoyer. Je tiens aussi à te remercier pour ta gentillesse et la façon dont tu as été très professionnel et tu as réussi à me mettre à l’aise durant notre rencontre. Je voudrais encore m’excuser d’avoir pas tenu ma parole pour une collaboration sur ses Photos…Je tenais quand même à te remercier aussi, car même si je n’ai pas passé le cap encore de les assumer, cela me fait de très beaux souvenirs et cela m’a permis quand même de me trouver  jolie pour une fois. Si tu es d’accord, ce sera avec grand plaisir de refaire un shooting photo, bien évidemment que je sais d’avance que j’assumerai. »

Maintenant c’est à Sigþrúður de décider ce qu’elle veut faire. Si elle veut refaire une séance, je la referai. Mais je laisse toujours les modèles me recontacter pour cela. Je ne fais pas le premier pas pour planifier une nouvelle séance. J’ai tellement de modèles qui m’expliquent qu’elles sont « harcelées » par des pseudophotographes que j’ai décidé depuis longtemps de ne pas le faire. Donc si un modèle veut replanier une séance, elle le fait quand elle est prête et surtout quand elle en a envie. On verra déjà ce que nous réserve l’avenir et je suis d’une nature optimiste. Elle reviendra vers moi plus tard….ou pas


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